L’exposition « Expressions urbaines » a été présentée du 24 juin au 9 juillet 2006 dans les salles d'exposition de l'Asbl Viaduc, au 133 rue du Viaduc à Bruxelles (Ixelles). Pour plus d'informations sur ce lieu: www.asblviaduc.be

Une petite dizaine d'artistes y ont alors présenté leurs oeuvres: photographies, poésies, peintures,... Vous pouvez les redécouvrir en suivant ce lien: http://www.bazarts.org/expressions-urbaines Le catalogue, qui reprend l'ensemble des textes, est également disponible sur demande.

Plusieurs événements se trouvaient au programme:

> un concert du groupe Sanquimonte que nous vous invitons à rédécouvrir en suivant le lien: www.sanquimonte.be

> un concert du groupe SeptF&T que nous vous invitons à rédécouvrir en suivant le lien: www.myspace.com/septft

> ... la Coupe du Monde de football 2006!

 

 

Expressions urbaines - entre foot et photographie Un bilan, par Astrid Silvia Grunert

Organiser une exposition d’art contemporain pendant la coupe du monde, n’est-ce pas un défi placé trop haut ? En fixant les dates de son exposition « Cubes de béton, fleurs entre nos mains » du 24 juin au 09 juillet, l’équipe de l’asbl bazarts - tous pas trop fans de foot - n’avait pas songé à cet événement sportif de haut rang. Lorsque le ballon a failli écraser les ‘plantations artistiques’, les artistes ont élargi le concept. Le foot a ainsi rejoint les cubes de béton et les fleurs en tant que troisième élément naturellement urbain.

La veille du 24 juin, on était en pleine préparation pour l’exposition. Les cadres avec les photos, les citations, les installations, les peintures et les catalogues se mêlaient dans un bric-à-brac tout à fait artistique sur le sol des salles d’exposition de l’asbl Viaduc à Ixelles/Bruxelles quand une petite remarque marginale nous fit sursauter tous : ‘Vous avez pensé qu’il y a la coupe du monde ?’. Non, évidemment, on n’y avait pas pensé. On était des artistes partis à la recherche de l’urbanité dans les petites ruelles sans nous apercevoir de ce qui était en train de se préparer sur la grande avenue de la FIFA. En tant qu’artiste, on ne cherche que l’insolite et non pas le ‘mainstream’. Après un petit temps de réaction, nos cerveaux commencèrent à s’adapter à la nouvelle. Peut-être avions-nous simplement éclipsé une facette de l’urbanité ? C’est là qu’on a décidé - bon gré mal gré - d’intégrer le foot entre les cubes de béton et les parterres de pensées devant le Berlaymont. Et on était parti pour une aventure internationale sur deux semaines.

Personnellement, je n’ai regardé aucun match, mais je dois avouer que je plongeais parfois volontiers dans l’atmosphère pleine d’excitation et d’animation autour de moi. J’avais la possibilité de partir à la rencontre de la foule que j’avais thématisée dans une de mes installations, des bulles transparentes fixées au plafond et prêtes à être mises en communication afin de symboliser des rencontres fortuites brisant l’anonymat urbain. La foule fourmillait et les ‘pensées potentiellement ping-pong’ se dessinaient en mots et en gestes entre invités et hôtes, entre amis et inconnus. Parfois, les supporters de foot s’égaraient dans les salles d’exposition et se heurtaient la tête à des boules transparentes. J’appréciais particulièrement ces moments. Ils montraient que les rencontres traverses étaient tout à fait possibles.

Il ne faut pas être naïf non plus. Il y aura toujours des gens qui s’intéressent au foot et non pas à l’art et vice versa. On n’assistera jamais à une intersection/imbrication complète des intérêts. Pourtant, il y a la possibilité d’un élargissement du regard. Du regard du supporter de foot et du regard de l’artiste. Je ne parle pas d’une révélation miraculeuse, mais d’un enracinement de l’art dans la vie quotidienne et de la vie quotidienne dans l’art. Il nous faut cet élargissement d’optique, car sans art la vie serait une erreur et sans ancrage dans la vie l’art ne pourrait pas porter de fruits.

Et on pouvait en plus observer un autre phénomène, se superposant à ceux mentionnées ci-dessus : Une parfaite internationalité toute naturelle franchissant les barrières linguistiques et nationales avec l’aisance d’une mentalité européenne. Et cela malgré l’affrontement des équipes nationales pendant la coupe du monde ! En fin de compte, l’européanisation contribue à changer notre vision d’urbanité elle aussi. Elle nous rend plus ouverte. Elle nous montre les racines des fleurs et la pelle pour recommencer ailleurs.

Le lendemain du match Allemagne - Italie nous, l’équipe de bazarts, étions à l’exposition comme tous les soirs, ne nous attendant pas à des masses à accueillir. Nous nous promenions entre nos propres œuvres, lorsque la porte s’ouvrit. Et je reconnus une des visiteuses de la soirée de foot de la veille. ‘Je peux entrer et regarder l’expo ?’, demanda-t-elle. On fit un signe de la tête et on se mit à lui expliquer tout ce qui avait arrêté notre regard artistique entre cubes de béton et parterres de fleurs.

Dans la salle du fond où l’on avait projeté le match de foot un gobelet vide traînait encore dans un coin. Les photos, les textes, les installations, les peintures, les dessins étaient souriants comme toujours. Là, j’ai compris que les rencontres potentiellement ping-pong menant à de nouvelles idées ne pouvaient se produire que dans un environnement d’inclusion au lieu d’exclusion. Dans le monde artistique, tout comme dans la vie quotidienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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